Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Les Calètes de Thiétreville
  • : groupe folklorique normand
  • Contact

Recherche

/ / /

Les musiciens

    Les musiciens ne connaissaient pas la note (ne savaient ni lire ni écrire une partition de musique), ils apprennent les airs " à vue d'oreille " comme on dit dans certaines régions. Ce sont donc des " musiciens routiniers "; des musiciens qui par définition jouent de routine. Un musicien qui a acquis une forte réputation devient un musicien de noces, mais il est avant tout un musicien qui joue en famille, pour les voisins, lors de tout évènement divers : battages, assemblées de village, fêtes communales ou religieuses.

    La musique ne nourrit pas son homme et quelque soit sa notoriété, le musicien routinier a un travail plus lucratif comme ouvrier agricole, agriculteur ou artisan. Cela lui donne une place à part dans la communauté villageoise.

    Chaque musicien se fabrique son répertoire en écoutant les airs joués par un ancien, mais aussi en piochant chez ses confrères des villages voisins : violoneux, accordéoneux, vielleux,...Il est souvent jaloux de son répertoire. En effet, il n'est peut-être pas tout seul sur son terroir.

    Le répertoire est essentiellement composé d'airs locaux appris à l'oreille. Il y a donc autant de variantes que de musiciens pour un même air. Le service militaire ou les autres rares occasions de sortir (pélerinage,...) permettent au musicien d'apprendre de nouveaux airs. Il faut évidemment répondre aux désirs de nouveautés des villageois.

    Le musicien routinier ne note pas une partition. Pour se souvenir d'une danse, il écrit quelques paroles sur le début du morceau.

    En plus de sa faculté de musicien, il doit être un bon animateur. Il doit savoir ajuster ses plaisanteries, mettre la danse qu'il faut, faire rire les gens. Le musicien pouvait être dans certains cas, un " ennemi " du curé dans la mesure ou les fêtes villageoises étaient signe de déchéance morale aux yeux d'une église peu ouverte à l'époque dans de nombreux endroits.

La Loure

Cornemuse normande

 

  Les origines de la Loure remontent à la plus haute antiquité, avec des instruments-ancêtres à souffle continu (par technique respiratoire particulière du musicien), à bouche ou nasaux (aulos, foun...) et à hautbois simple, double, avec ou sans bourdon.

    L'étymologie du mot " loûre " plaide en faveur de son introduction depuis la Scandinavie. De plus P.Mac DONALD dans son " essai sur l'influence de la poésie et de la musique sur les habitants des Highlands ", mentionne une tradition des Hébrides selon laquelle la cornemuse aurait été introduite dans ces îles par les vikings, et que, des hébrides, elle serait passée en Ecosse. Par ailleurs, la cornemuse a continué d'être employée en Scandinavie jusqu'à la fin du XIXéme et dans les premières années du XXéme siècle.

    Toutefois, il convient de remarquer que le mot " lûdhr " n'a jamais désigné une cornemuse en vieux norrois. De plus, les premières représentations de cornemuses normandes que nous connaissons datent du XIVéme siècle; aucun document ne permet de combler l'hiatus qui s'étend de la fin du IXéme siècle (époque du début de l'établissement des vikings en Neustrie) au XIVéme siècle.

    Une chose parait certaine : l'instrument n'est pas un emprunt fait à nos voisins bretons, comme certaines personnes pourraient être tentées de le penser. Les noms de l'instrument normand " loûre " et " bousine " appartiennent à des racines différentes de celle des noms par lesquels il est désigné en Bretagne (" biniou " et " vèze "), et la large diffusion de la cornemuse en normandie septentrionnale, dès le Moyen-âge, exclut toute origine bretonne.

    Les plus anciennes reproductions nous montrent une cornemuse normande sans bourdon.

    Puis apparaît un bourdon : de la longueur respective du châlumeau et du bourdon dans la pluspart des représentations, on peut pouvoir conclure que ce bourdon donnait la tonique de l'octave inférieur de celui joué par le chalumeau.

    Jusqu'à la fin du XVéme siècle, la cornemuse apparaît en Normandie, comme un instrument " noble " (on le voit entre les mains des anges) ou " bourgeois ", à en juger par les costumes des sonneurs représentés qui sont des citadins.

    Au contraire, les sonneurs représentés à partir du début du XVIéme siècle sont des bergers et des paysans.

    Il semble donc que le recul de la loûre ait été fonction des progrès de la francisation. Fernand LECHANTEUR a noté ( Amicale Normande, No 5 et No 6) que le dialecte normand disparait des livres de raison de la noblesse et de la bourgeoisie normandes et des textes juridiques (contrats, aveux, etc,..) après l'annexion définitive et la Normandie continentale à la couronne de FRANCE en 1449.

    Un demi siècle après cette annexion, le même processus se produit pour la loûre; les modes venues de PARIS évincent peu à peu des villes la cornemuse qui devient un instrument socialement dépassé; elle ne se maintient que dans les campagnes, et les figurations des XVIéme, XVIIéme et XVIIIéme siècles nous montrent des bergers ou des paysans dans des scènes rustiques et elle rythme seume les danses paysannes à l'époque de Henri IV. Mais dès la fin du XVIIéme et le début du XVIIIéme, la cornemuse se trouve en compétition avec les instruments venus de PARIS, qui finiront par l'évincer totalement.

    Plus proche de la capitale, la Normandie septentrionnale sera francisée la première, et les glossaires normands du XIXéme ignorent tous le mot " loûre " au sens de cornemuse.

    Mais le processus d'assimilation se poursuit et le tour de la Normandie méridionnale arrivera à la fin du XIXéme siècle. Dans les premières années du XXéme siècle, le bourdonnement de la dernière loûre s'est éteint; les Normands ont adopté le violon et la clarinette...

Bouffon jouant de la cornemuse
L'aulos


 
 

Sources : F. LECHANTEUR, M.ARINAL, A.DUBUC et R.VAILLANT ainsi que le C.R.D.P. de Basse-Normandie.
 
 

Le violon

    Le violon est issu d'instruments à cordes du Moyen Age tels le rebec et la vièle à archet. Cette dernière en se perfectinnant devient au XVème siècle la viole, donnant naissance à toute une famille d'instruments. Les violes vont entrer en rivalité avec un de ces instruments, qui est plus puissant et plus riche : le violon.

    Celui-ci fut créé en ITALIE vers 1529 et ne cessera d'évoluer, notamment dans la région de CREMONE.

    Au début du XVIIéme siècle de grands maîtres luthiers donnent une forme définitive au violon : AMATI, GUARNERIUS et le plus connu d'entre eux : STRADIVARIUS. Plus tard la fabrication du violon s'étend en EUROPE et ne subira par la suite que de légères modifications.

    Au départ, le violon est devenu un instrument privilégié de la musique classique arrivant au premier plan dans les orchestres dès le XVIIéme siècle. Ensuite son développement dans les campagnes en EUROPE s'intensifie, ainsi que dans le monde entier. Aujourd'hui, il est utilisé dans de nombreux domaines musicaux : Classique, jazz, variétés, rock, musiques traditionnelles,...

    Dès la Révolution Française, le violon s'avère un instrument idéal pour animer les noces. Il va se développer dans les campagnes jusqu'à la guerre de 1914-1918. Après, il sera petit à petit supplanté par l'accordéon (diatonique au début).

    Le violonneux joue le plus souvent seul, parfois en couple avec une clarinette.

    Le rôle du violoneux était surtout un rôle d'animation des cortèges de noces et des danses. Dans son répertoire, on trouvait des contredanses du siècle dernier ainsi que des danses de couples venues de l'EUROPE de l'Est : Polkas, mazurkas,... L'accent était surtout mis sur le rythme, la cadence et chacun possédait sa propre technique d'archet et d'ornementation.

    Le musicien se procurait son instrument dans les commerces de la région, ou par correspondance parfois. Les moins fortunés se fabriquaient eux-mêmes leur instrument avec des objets hétéroclites : " Les violons sabots ".
 

Sources : C.R.D.P. de Basse-Normandie (Philippe GLEISES°.
 
 

La clarinette

Définition

    C'est un instrument de musique de la famille des bois, de perce cylindrique à anche simple en roseau, battante, maintenue par une ligature sur un bec ou embouchure séparable.

Historique

    La clarinette s'est développée à partir du chalumeau en 1693 par un luthier de NUREMBERG : Jean-Cristophe DENNER. Elle ne possède alors que deux clefs. Vers 1725, c'est un dénommé SCHERER qui lui donne la forme caractéristique des clarinettes ultérieures.

    Durant le XVIIIème siècle, LES HOTTETERRE, famille normande et musiciens du roi, ont en effet joué un rôle essentiel dans l'évolution des instruments de la famille des bois. Il semble qu'ils aient été les premiers à construire des instruments en bois en plusieurs segments contrairement à l'usage répandu. Les joints de chaque morceaux furent alors munis de larges viroles d'ivoire ou de corne qui sont restées caractéristiques. Ceci permit aux facteurs d'instruments d'utiliser des morceaux de bois plus courts, des outils mieux adaptés, au bénéfice d'une finition plus soignée de la facture.

    Cette fabrication en plusieurs segments des bois permit à la clarinette d'acquérir une individualité propre, caractérisée notamment par une embouchure séparable, de perce différente du corps de l'instrument et l'adjonction d'un pavillon bien évasé.

    Avec l'ajout de plusieurs clefs (cinq à sept), la clarinette put exécuter des difficultés musicales jusque là impossible et étendit sa tessiture dans l'aigu.

    Au début du XIXéme siècle, en 1811, Ivan MULLER créa une clarinette avec un système de treize clefs et établit sur ce type d'instrument, quatre modèles ayant une tonalité différente encore usitée de nos jours : Mib et Sib pour les musiques militaires, fanfares et harmonies - UT et LA pour les orchestres symphoniques. La taille de l'instrument se stabilise et, par exemple pour la clarinette en Sib, elle se situe à 60 cm. Ce type d'instrument avec quelques variantes devient le haut-bois TRIEBERT, un des bois les plus prisés durant le XIX ème siècle.

    La clarinette peut se vanter d'avoir une place d'honneur en Nomandie, grâce à la famille HOTTENTERRE citée précédemment et au centre des tourneurs sur bois de la COUTURE-BOUSSEY dans l'EURE qui fut durant le XIXème siècle, le plus grand centre de lutherie au monde pour les flûtes, flageolets, musettes de cour, haut-bois, loure et clarinettes.

    Les familles de luthiers les plus célèbres sont à CHERBOURG : ROBIN, à CAEN : THIBOUT, à la COUTURE-BOSSEY : LEBLANC, NOBLET, BUFFET, GODFROY, LAUBE, THIBOUVILLE-MARTIN, THIBOUVILLE André et Jérôme THIBOUVILLE-LAMY. Ce dernier (J.T.L.), facteur de flûtes, haut-bois et clarinettes à la COUTURE-BOSSEY, d'instruments à cordes à MIRECOURT (Vosges) et de cuivres à PARIS eût sans doute le succès commercial le plus éclatant durant le XIXéme siècle avec des succursales à LONDRES et NEW6YORK. Il fut également mis hors concours à l'exposition universelle de VIENNE en 1873 et aux expositions universelles de PARIS en 1889 et 1900.

    LEBLANC, NOBLET et BUFFET sont les seuls à être encore en activité, surtout BUFFET qui associé au parisien CRAMPON est actuellement un des meilleurs fabriquants français au monde.

    Au cours de l'année 1840, le luthier Téobald BOEHM de MUNICH, mettra sur les clarinettes un premier système de 17 clefs déjà utilisé avec succès sur les flûtes d'orchestres. Ce système s'appellera pour les clarinettes : Demi BOEHM. Théobald le perfectionnera vers l'année 1890 par un deuxième système de 21 clefs qui prendra le nom de BOEHM.

    Le système BOEHM sera adopté dès 1900 par les orchestres de musique militaire après concours et adjudication des ministères de la guerre et de la marine. Il mettra environ 30 ans avant de s'imposer dans les sociétés musicales civiles.

    Au cours de son histoire, la taille de la clarinette a varié. Certains instruments à anche simple ont suivi la même évolution et lui sont apparentés comme le cor de basset. Le cor de basset est à la clarinette ce que le cor anglais est au haut-bois.

  Clarinette moderne " Si bémol "

Sources : D.MARTIN du groupe le GAY-SAVOIR de BAYEUX.
 
 

L' accordéon diatonique

  • L'histoire
     

 

    C'est en 1829 que furent déposés les deux premiers brevets à l'origine de l'accordéon d'aujourd'hui. L'un à Vienne (Autriche) pour un instrument appelé " Accordion " et signé par Cyrill DEMIAN et ses fils ; l'autre à Londres pour le " Concertina " par Charles WHEATSTONE.

    Déjà, dans ces deux instruments, les grandes lignes de l'accordéon diatonique sont tracées : il est transportable, solide, ne demande pas à être réaccordé avant chaque utilisation et présente une facilité d'apprentissage sans équivalent à l'époque. Il s'est ainsi rapidement fait connaître dans de nombreuses régions du monde où il a depuis évolué de différentes façons. Des fabriques se créent très vite en France, en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Russie etc... et, à la fin du 19ème siècle, cette industrie est florissante.

    Petit à petit, ey malqré une évolution techniqye mouvementée (des dizaines de modèles parfois très curieux, pas d'apparition de standard), l'accordéon se taille une place de choix dans la musique populaire où il exerce une forte influence sur les instruments qu'il y côtoie.

    Des innombrables modèles inventés offrants à l'utilisateur des combinaisons sonores et harmoniques différentes, deux familles se dégagent au début du 20ème siècle : la famille chromatique et la famille diatonique. L'accordéon chromatique, qui est utilisé aujourd'hui dans la musique de variétés, dispose de toute la gamme chromatique(Do, Do #, Ré, Ré #, Mi, Fa, Fa #, Sol, Sol #, La, La #, Si) alors que le diatonique propose la gamme diatonique (par ex : Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, pour un accordéon en tonalité de Do).

    Si le principe de production du son est le même (anche métallique vibrant au passage de l'air), le " chromatique " et le " diatonique " peuvent dans les faits être considérés comme deux instruments différents, tant par la façon d'en jouer que par les styles de musiques qui les ont adoptés.

    Utilisé aujourd'hui dans toute les régions de France et dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Ecosse, Irlande, Angleterre, Italie, Scandinavie ...mais aussi... Lousiane, Nouveau-Mexique, Texas, Canada, Antilles, l'accordéon diatonique a repris son évolution grâce à l'imagination et a la créativité de ses utilisateurs et de ses fabricants.

    On voit ainsi, par exemple, apparaître des modèles au standard informatique MIDI. (Musical Interface for Digital Instruments) permettant à l'instrument ( et au musicien !) de communiquer avec synthétiseurs et ordinateurs musicaux.

    Si, en France, la fabrication et le jeu de l'accordéon diatonique ont connu un " creux " dans le milieu du siècle, l'instrument suscite depuis les années 1970 un important engouement et l'on compte aujourd'hui à nouveau de nombreux utilisateurs et fabricants.

  • Le fonctionnement
     

 

    Le " petit accordéon " présente bien des particularités.

    Ses deux claviers offrent un nombre inégal de touches : de dix à trente-cinq à droite pour la mélodie et de deux à une douzaine à gauche pour l'accompagnement (suivant les modèles). Utilisant exclusivement la gamme diatonique, il augmente parfois ses possibilités en proposant deux ou trois tonalités différentes. On voit ainsi des " diatos " à une, deux ou trois rangées de boutons parallèles, chacune correspondant à une tonalité, le musicien allant parfois chercher quelques notes dans la tonalité voisine, ou bien jouant des morceaux basés sur ces deux tonalités ; les modèles les plus couramment utilisés en France sont ainsi généralement en Sol/Do ou en La/Ré.

    Appelé aussi parfois " accordéon bisonore ", il fait entendre deux sons différents sur chaque touche : l'un en ouvrant le soufflet et l'autre en le refermant. Il faut ainsi pour jouer une note choisir la touche correspondante, mais aussi le sens de mouvement du sofflet. Bien heureusement, les notes sont disposées de façon très logique pour permettre un apprentissage aisé, et les " basses " de l'accompagnement s'accordent aux notes de la mélodie suivant que l'on pousse ou tire le soufflet, ce qui lui a valu aussi l'appellation d' " accordéon automatique ".

  • Le répertoire
     

 

    Très différent suivant les régions du monde où il est utilisé, sa puissance sonore et son jeu complet (mélodie plus accompagnement)lui ont taillé une place de choix dans la dance traditionnelle, domaine ou il a été le plus utilisé en Normandie et dans les différentes régions de France.

    C'est aussi avec l'accordéon diatonique qu'est né à Paris le style " musette ", au début de notre siècle.

    Pouvant mener une dance seul, mais joué le plus souvent en compagnie d'autres instruments de traditions tels le violon, la vielle à roue, la clarinette ou la cornemuse, l'accordéon diatonique a d'abord adopté le répertoire de ces derniers (parfois d'ailleurs en l'adaptant à ses spécificités mélodiques). Puis au fil des années, il s'est vu enrichi d'un répertoire propre, né de ses particularités harmoniques et structurelles.

    Bien que le plus souvent présent, aujourd'hui, dans les musiques de dance et dans les bals, l'accordéon diatonique accompagne aussi les chants, notamment dans le répertoire traditionnel des marins, mais aussi le blues et le rock, dans le " zydeco "de Louisianne ainsi que les rythmes latino-américains et des balades dans le répertoire " texmex " d'Amérique du Nord.

    On le rencontre aussi bien souvent dans les cortèges de noces, où il mène le invités avant d'être l'un des instruments de la fête.

Sources : C.R.D.P. de Basse-Normandie (Pierre CHALFOUN).
 
 

La vielle à roue

  • Fonctionnement
     

 

        La vielle à roue est un instrument à cordes frottées : les cordes, tendues et réglées par les chevilles, sont mises en vibration par une roue cylindrique actionnée par une manivelle, et résonnent par l'intermédiaire des chevalets, table et caisse.

    Deux de ces cordes,les chanterelles, sont placées à l'intérieur d'un clavier ; celui-ci possède des touches qui, par l'intermédiaire des sautereaux, modifient la longueur vibrante des cordes et permettent ainsi d'effectuer la mélodie.

    Les autres cordes, les bourdons, donnent toujours le même son. Néanmoins, une corde est montée sur un chevalet mobile (chien) qui vibre sous l'action d'à-coups donnés sur la manivelle et par la résonance obtenue, donne le rythme.

  • Historique
     

 

    L'organistrum était l'ancêtre de la vielle. 2tant donné sa longueur, 2 musiciens devaient en jouer simultanément : l'un faisait tourner la roue et l'autre utilisait les touches. Cet instrument avait seulement trois cordes, il était employé au 12ème siècle.

    Au 13ème siècle, l'instrument est raccourci (dorénavant, un seul musicien suffit à en jouer) : on le nomme alors symphonie ou chifonie, et on l'utilise dans deux types de répertoire, d'une part, la musique sacrée, d'autre part, pour accompagner les chansons de geste des trouvères et troubadours.

    Pendant les trois siècles suivants, la vielle sera surtout connue comme l'instrument des mendiants et des aveugles, dans toute l'Europe. Toutefois, sa forme (recherche esthétique) et sa conception (vielle à 6 cordes) ont évolué.

    Le 18ème siècle marque un renouveau pour la vielle. On en joue à la cour, des compositeurs créent des oeuvres pour vielle et éditent des méthodes.

    C'est à cette époque que les luthiers commencent à fabriquer des vielles à caisse ronde, en réutilisant le corps des luths et des théorbes qui sont abandonnés.

    Au 19ème siècle, la vielle participe surtout aux festivités et aux noces campagnardes ; ce sera sa grande activité jusqu'au début du 20ème siècle, notamment en Haute-Bretagne, en Auvergne et dans le Berry.

    En normandie, la vielle tenait une place importante au 18ème siècle. Richard Séguin écrit dans " Essai sur l'histoire de l'industrie du Bocage et de la ville de Vire " (1810) : " la vielle paraît surtout avoir été l'instrument favori des anciens Bocains. On l'entendait résonner de tous côtés ; les cabaretiers en jouaient devant leur porte pour attirer les buveurs... "

    Des traces de luthiers ont été retrouvées à Caen, Bayeux, Rouen, Le Tourneur (Calvados) et la fabrication de ces vielles présente des caractéristiques communes (forme, montagne, décoration)

    Bien qu'encore présente au 19ème siècle, la vielle ne suscite plus le même intérêt et se voit remplacée par le violon, puis l'accordéon diatonique.

  • La vielle aujourd'hui
     

 

    Depuis 1980 environ, des musiciens exploitent de nouvelles possibilités de leurs instruments et créent des musiques plus " contemporaines ".

    Ces créations s'inscrivent d'ailleurs dans le même esprit que celles des musiciens de routine : à toutes les époques, ils ont créé leurs airs en s'inspirant de la musique de leur époque.

    Les recherches vont actuellement dans 3 directions :

  • la conception : vielle électrifiée, vielle électronique,
  • le jeu : recherches mélodiques et rythmiques,
  • le choix de l'ensemble instrumental : intégration de la vielle dans un ensemble plus moderne (guitare, percussions, synthétiseur...).


    C'est en ce sens qu'on ne peut plus actuellement considérer la vielle comme instrument uniquement ancien : elle a sa place, à part entière, dans l'évolution contemporaine de la musique.

  • Les musiciens de routine
     

 

    Les deux derniers vielleux traditionnels sur lesquels on ait des renseignements assez précis sont :

    Louis MANGEANT, né à lisieux en 1862 et décédé à Drucourt (Eure) en 1926, était cordonnier. Il jouait du violon et de la vielle. Sa vielle provenait de Jenzat.

    Constant CATHERINE, né au Tourneur (Calvados) en 1853 et décédé à Mesnil-Ausouf (Calvados) en 1933, était ouvrier agricole. Sa vielle, signée Jacques Draigemont, luthier au Tourneur, est actuellement conservée au musée d'Avranches.

    Ces deux mucisiens animaient les noces et les fêtes de village; ils se déplaçaient parfois sur des distances importantes. On sait que Louis Mangeant partait parfois plusieurs jours de chez lui pour participer à une fête, emportant ses instruments dans une remorque accrochée à sa bicyclette. Quant à leur répertoire, on en connaît des fragments : on sait qu'ils ont joué des quadrilles, la yousca, des polkas piquées... et aussi des airs plus " à la mode " qui correspondaient à une demande de l'époque.

Sources : C.R.D.P. de Basse-Normandie (Rémy COUVEZ).

Partager cette page

Repost 0
Published by